L’Équateur déclare l’état d’urgence alors que les émeutes autochtones engloutissent la nation

L’Équateur déclare l’état d’urgence alors que les émeutes autochtones engloutissent la nation

Plusieurs milliers de personnes marchant au nom d’un puissant lobby de tribus indigènes en Équateur appelé la Confédération des nationalités autochtones de l’Équateur (CONAIE) sont entrées à Quito lundi soir pour exiger des concessions financières du gouvernement fédéral du pays, Semaine magazine a rapporté mardi.

La marche d’une semaine vers la capitale nationale a précipité de violentes émeutes dans six provinces équatoriennes, incitant le gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans tout le pays, a rapporté le magazine colombien.

Le président équatorien Guillermo Lasso a décrété un couvre-feu nocturne à Quito le 20 juin alors que la caravane du lobby indigène arrivait dans la capitale nationale. Le leader conservateur a en outre prolongé l’état d’urgence en place depuis le 18 juin “dans les provinces de Pichincha (dont la capitale est Quito), Cotopaxi et Imbabura, au Chimborazo andin et Tungurahua, et au Pastaza amazonien”. Semaine annoncé le 21 juin.

« Cette décision protège le bien-être des citoyens contre la violence. En même temps, les droits de ceux qui manifestent pacifiquement sont protégés », a déclaré le gouvernement fédéral équatorien à propos des mesures via son attaché de presse.

AFP

Des manifestants bloquent une partie de l’autoroute Ruta Viva, qui mène à l’aéroport Mariscal Sucre, dans le cadre de manifestations dirigées par des indigènes contre les prix élevés du carburant et le coût de la vie, à Quito le 17 juin 2022. (Photo par CRISTINA VEGA RHOR/AFP via Getty Images)

« Nous ne pouvons pas permettre à quelques personnes violentes d’empêcher des millions d’Équatoriens de travailler. Nous n’allons pas permettre aux gens de s’affronter. Je suis ici pour défendre Quito, chaque famille de la capitale et du pays », a déclaré le président Lasso dans un discours télévisé à l’échelle nationale lundi soir, cité par le média Infobae basé à Buenos Aires.

Lasso a fait référence à une grève nationale indéfinie ordonnée par la CONAIE le 12 juin, apparemment pour exiger plusieurs concessions financières du gouvernement fédéral équatorien, notamment “fixer le prix d’un gallon de diesel à 1,50 $ et celui de l’essence ordinaire à 2,10 $”, selon Infobae.

Le diktat de la CONAIE comprenait une demande pour que plusieurs milliers de personnes, principalement indigènes, marchent sur Quito. Cette marche massive a provoqué de violentes émeutes dans au moins six provinces au cours des huit derniers jours et forcé la fermeture d’au moins “80 tronçons d’autoroutes bloqués par les manifestations”, a observé Infobae lundi.

Le média argentin a décrit des caravanes de manifestants indigènes portant «des armes, y compris des bâtons et des boucliers» marchant près de Cutuglagua, une paroisse située à 18 miles au sud de Quito, en route vers la capitale nationale le 20 juin.

“Ce lundi, l’Équateur célèbre une semaine depuis le début de la grève et a déjà laissé des millions de pertes pour les secteurs productifs et touristiques, qui ont été principalement touchés par les fermetures de routes”, a rapporté Infobae le 20 juin.

« Les barrages routiers ont empêché les camions qui transportent des légumes et des fruits de la Sierra [mountain range] à la côte équatorienne de circuler. Les conséquences, après sept jours de fermeture des routes, commencent à se faire sentir dans les supermarchés de Guayaquil, où les cintres de ces produits sont vides », selon le média.

La caravane de la CONAIE a intensifié ses revendications lundi soir, appelant à l’éviction du président Lasso malgré ses efforts pour répondre aux demandes de l’influent groupe de pression. L’ultimatum en 10 points de l’organisation comprend des appels à “un contrôle des prix alimentaires et un engagement à renégocier les prêts bancaires personnels d’environ quatre millions de familles” en plus de l’appel à la baisse des prix du carburant, selon l’Agence France-Presse.

« La puissante Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (Conaie) — [is] crédité d’avoir aidé à renverser trois présidents entre 1997 et 2005 », a noté l’agence de presse lundi.

L’influence de la CONAIE sur la politique équatorienne semble démesurée étant donné que les autochtones représentent une minorité (un million) de la population du pays de 17,7 millions.

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